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Portrait de Ismael
Ismael
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Chooff il y a 4 années 10 mois sur Divers

Source: http://www.maghrebemergent.info/high-tech/83-it/20839-nidhal-guessoum-qlinte...

Selon l’astrophysicien algérien et ancien chercheur à la NASA, Nidhal Guessoum, plusieurs facteurs participent au faible niveau de formation constaté en Algérie. Un problème de pédagogie, de ressources, de formation et de remise à niveau des enseignants, de tailles de classes, et de salaires. Et aussi une "culture générale qui n’encourage pas à la science".

Vous avez écrit récemment un article sur le rapport de TIMSS 2011. C’est quoi TIMSS ?
TIMSS est un acronyme pour Trends in International Mathematics and Science Study, soit «Etude des Tendances de Mathématiques et de Sciences Internationales ». C’est un test international standardisé en mathématiques et en sciences, administré tous les quatre ans aux élèves de la 4e année et de 8e année. En 2011, une cinquantaine de pays y ont participé, y compris environ dix pays arabes. Les résultats de tous les pays arabes étaient en dessous de la moyenne, et dans beaucoup de cas représentaient le bas du tableau.

Comment expliquer la disparité dans les résultats, y compris pour des pays développés comme les USA ?
Il y a certainement beaucoup de facteurs, les méthodes d’enseignement étant principales mais pas totalement déterminantes ; il y a aussi les ressources (matérielles et humaines), les systèmes d’administration et de politique générale (centralisée, décentralisée, etc.), la formation et la « re-formation » (remise à niveau) des enseignants, etc.

En quoi l'approche de Singapour en matière d'enseignement des mathématiques et de physique est-elle plus performante ?
Les élèves de Singapour sont toujours aux premières places des tests/concours internationaux en sciences et en mathématiques. Les experts (américains, en particulier) se sont récemment penchés sur les méthodes d’enseignement de mathématiques et de sciences de Singapour. Une de leurs principales caractéristiques s’avère être la quantité réduite de matière que les enseignants doivent couvrir… contrairement aux approches qui sont assez répandue dans notre région. Les élèves de Singapour apprennent quelques thèmes et concepts, mais ceux-ci sont explorés de plusieurs manières (expérimentalement, graphiquement, par le calcul, etc.), jusqu'à ce qu'ils aient été complètement maîtrisés. C'est seulement alors que l'enseignant se tourne vers les concepts plus abstraits sur lesquels les théories sont construites. Une autre caractéristique essentielle de l’approche de Singapour est son utilisation intensive de l’illustration graphique (dessins, diagrammes, etc.), enseignant aux élèves l’importance de représenter graphiquement le problème, ce qui permet de montrer comment ces paramètres sont reliés les uns aux autres, et d’aider donc l’élève à trouver une solution, souvent inventive. Cela contribue à développer la créativité des élèves au lieu d’appliquer mécaniquement la « recette » enseignée…

Cette approche peut-elle être importée chez nous ?
Il ne s’agit pas « d’importer » quoi que ce soit, mais de voir ce qui marche ailleurs, de s’en inspirer et d’introduire des idées nouvelles dans nos approches pédagogiques. Ce qu’on fait souvent c’est essayer de telles méthodes nouvelles dans des classes "pilotes" et de mesurer leur impact, puis généraliser leur adoption si elles s’avèrent vraiment productives.

Cela nécessite donc des moyens matériels supplémentaires et une formation spécifiques des enseignants.
Les moyens matériels ne sont pas toujours nécessaires. Dans ce cas particulier (l’introduction d’approches graphiques), cela nécessite la modification de programmes et de livres scolaires, ce qui en soit demande un certain budget, qui n’est pas forcément très élevé dans la phase "pilote". Bien sûr, la formation continue des enseignants est toujours nécessaire, pour leur permettre d’être toujours à jour et d’adopter les techniques (numériques, par exemple) qui aujourd’hui nous semblent absolument nécessaires…

Vous dites que les officiels américains s’inquiètent du gap qui se dessine entre leurs élèves et ceux des pays asiatiques.
Oui, les responsables américains ont exprimé de sérieuses inquiétudes sur le décalage qu’ils continuent de constater entre les élèves américains et les élèves asiatiques. Ils estiment que cela représente un réel danger que les inventions dans divers domaines seront bientôt dominées par les pays asiatiques. Si cela se produit, les Etats-Unis (et la plupart de l'Europe) perdront beaucoup d'emplois de haut niveau (après la perte des emplois de bas niveau) et les entreprises innovantes seront dominées par l'Asie.

Parlez-nous du "Next Generation Science Standards" (NGSS) américain. En quoi consistent ces nouveaux standards ?
Il y a quelques mois, le National Research Council (NRC) aux Etats-Unis a élaboré un plan détaillé pour l'enseignement des sciences, intitulé "Next Generation Science Standards" (NGSS), des « Normes d’Enseignement des Sciences pour la Génération Suivante » pour le 21ème siècle…
Primo, ce plan souligne l'importance des « quatre C » : la communication, la collaboration, la créativité, et l’esprit critique. Ainsi, la science est représentée comme un effort collectif, par les discussions en classe, les expériences effectuées en groupes et le travail créatif fait par les équipes. Secundo, le plan insiste sur le fait que la révolution numérique soit pleinement intégrée dans l'enseignement: l'Internet et le Wi-Fi ont soufflé les murs de la classe, étendant le lieu d'apprentissage à la maison et ailleurs - partout où de la matière pédagogique peut être obtenue et exploitée par l’élève. Tertio, l'ingénierie est maintenant intégrée dans l'enseignement des sciences, le plan NGSS proposant de faire cela par l’inclusion du "design" (conception) comme élément à part entière dans l'enseignement des sciences: la conception d'expériences, la conception de prototypes, la conception de programmes informatiques, etc. Enfin, le NRC propose de remplacer la notion de «compétences» que les élèves doivent acquérir par la notion de "pratiques scientifiques", c’est-à-dire apprendre aux étudiants, dès le début, comment les scientifiques travaillent vraiment, pas la "méthode scientifique" simpliste que nous enseignons d’habitude.

Enseigner l'histoire des sciences doit-il figurer aux programmes scolaires ?
Absolument. Le plan NGSS insiste que l'histoire de la science doit faire partie intégrante de l'apprentissage des sciences, en montrant comment Galilée, Pasteur, Dalton, Lavoisier, Einstein et Hubble ont fait leurs découvertes, comment ils ont raisonné, et comment on fait un saut et on sort des idées reçues. J'ajouterais des scientifiques comme Ibn al-Haytham, dont les méthodes étaient – il y a mille ans – tout à fait modernes.

On pense qu'en général, ce n'est donc pas spécifique à l'Algérie, que les enseignants de mathématiques sont frileux à l'usage des TIC ? Qu'en pensez-vous ?
D’abord, l’Algérie n’a malheureusement pas participé à l’édition de 2011 du TIMSS. En 2007, les élèves algériens s’étaient classés parmi les 3 à 10 pays les plus mauvais parmi les participants (40 à 50 pays selon le test). Et le même niveau bas s’est avéré en sciences qu’en mathématiques. Je ne crois donc pas que ce soit un problème limité aux maths et certainement pas une question de frilosité à l’usage des TIC. C’est un problème de pédagogie, de ressources, de formation et de remise à niveau des enseignants, de tailles de classes, de salaires et autres…

L'Algérie a quand même formé de bons mathématiciens et informaticiens dans les années 70 et 80. Que s'est-il passé après ?
Et l’Algérie continue certainement de former de bons mathématiciens et informaticiens, bien que peut-être pas en grand nombre. La question n’est pas là. Le problème est bien plus large : pour les millions d’élèves que nous formons, réussissons-nous à leur inculquer la nature et la pratique des sciences et des maths de manière acceptable, qui mène à des inventions, des solutions aux problèmes techniques que nous rencontrons, à une plus grande curiosité et un esprit de découverte, à des publications scientifiques en nombre et en qualité, etc. etc. Il y a de nombreux indicateurs qui permettent de conclure objectivement qu’en Algérie et dans le monde arabe, nous ne réussissons pas dans cette mission. Il y a beaucoup de facteurs à cela, à commencer par les méthodes d’enseignement, les conditions d’enseignement, la culture générale qui n’encourage pas à la science (où le joueur de football est reçu avec les honneurs mais pas le scientifique qui fait une carrière brillante et devrait être présenté par les medias comme exemple à suivre), etc.

Est-ce que la langue de l'enseignement (l'Arabe) est à l'origine de ce recul ?
La langue arabe était le socle de l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane, y compris dans les domaines scientifiques. En fait, il y a des historiens qui expliquent l’essor fulgurant de cette civilisation par le fait que la langue arabe était bien disposée (flexible) à la formulation de nouvelles terminologies, à la présentation des concepts sophistiqués et aux discussions scientifiques. De plus, aujourd’hui je ne connais aucun pédagogue ou sociologue des sciences qui présente un quelconque argument reliant le développement scientifique et technique d’une société ou une autre à sa langue. Les israéliens ont fait renaitre une langue morte (l’hébreu) et l’utilisent pour enseigner la physique quantique à l’université ; trois de leurs universités sont dans le top 100 mondial, alors qu’aucune université arabe n’est parmi les 200 meilleures, et les quatre qui sont dans le top 500 (3 saoudiennes et 1 égyptienne) n’enseignent pas les sciences en Arabe !

Vous avez enseigné dans des universités algériennes et à l'étranger. Qu'est-ce qui fait la disparité des niveaux : l'étudiant, l'enseignant, les programmes, l'environnement de l'université, les conditions sociales... ?
C’est plutôt l’environnement de l’université, la rigueur du management (américain, dans les cas que je connais, aux Etats-Unis et dans le Golfe), la qualité des livres (toujours améliorés et actualisés), la rigueur des examens, la disponibilité du professeur aux étudiants, etc.

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